Depuis notre rencontre en juillet 2007 avec Christian Nicot (Établissements Nicoplast), notre approche de la gestion des colonies apicoles a profondément évolué. Nous nous sommes orientés vers les ruches divisibles sur cadres de hausse Dadant, plus légères dans leurs manipulation, et plus dynamique au niveau des colonies.
À l’origine, notre exploitation reposait principalement sur des ruches Dadant classiques. Progressivement, nous avons intégré davantage de cadres de hausse dans nos pratiques. Entre 2012 et 2013, nous avons généralisé leur utilisation pour :
Aujourd’hui, les cadres de corps traditionnels sont réservés aux ruchettes de 6 cadres (pour la production d’essaims) et aux ruches Dadant de 10 cadres (pour le testage et la production de mâles en ruchers fixes).
Architecture de notre Ruche Divisible
Bien qu’une “vraie” ruche divisible soit techniquement composée d’un corps formé de deux hausses superposées, chez nous la ruche divisible n’est composée que d’une hausse pour héberger le couvain de la colonie :
Les 5 Atouts Majeurs pour l’Apiculteur Professionnel
L’adoption du cadre unique pour l’ensemble de la ruche offre des avantages stratégiques dans notre organisation :
- Ergonomie et Légèreté : La manipulation de 1/2 corps réduit considérablement la charge physique et les risques de maux de dos.
- Standardisation : Un seul type de cadre en stock, une seule chaîne d’extraction et une interchangeabilité totale entre le corps et les hausses.
- Dynamisme des Colonies : La structure horizontale favorise un développement rapide et une grappe d’abeilles souvent plus nerveuse et productive.
- Haut Niveau de Production : Le passage facilité des ouvrières à travers la grille à reine optimise le stockage du miel.
- Santé Sanitaire : L’étalement horizontal de la grappe sur des cadres peu profonds semble accroître l’efficacité des traitements contre Varroa destructor.
Points de Vigilance et Gestion des Risques
La conduite en divisible, particulièrement sur un seul niveau, demande une technicité accrue pour pallier deux risques principaux :
1. La Gestion des Réserves
Le volume limité d’une hausse unique restreint naturellement la capacité de stockage du miel. Une surveillance rigoureuse des réserves est donc essentielle pour ce type de colonie, notamment à trois moments clés :
Au printemps
Lorsque les colonies sont très populeuses et que les conditions climatiques sont froides et humides, le risque de disette est accru. Solution préventive : placer un pain de candi, que les abeilles consommeront en cas de besoin.
Après la récolte
Après la récolte, les réserves se concentrent exclusivement dans les hausses. En l’absence de miellée, cette situation peut devenir critique dans les semaines qui suivent, exposant la colonie à un risque de disette.
Solution préventive : l’apport d’un pain de candi permet de compenser d’éventuelles carences alimentaires.
Notre pratique Nous privilégions généralement le maintien de la première hausse, souvent remplie seulement à moitié. En effet, les abeilles y réservent un espace pour le nid à couvain, juste au-dessus de la grille à reine.
Exception notable : dans le cas du colza, nous retirons systématiquement tous les cadres de miel situés au-dessus de la grille à reine.
Avant l’hiver
Un nourrissement massif au sirop à l’automne est indispensable. Cela permet de stabiliser la colonie et de garantir des réserves suffisantes jusqu’au printemps.
Plus d’infos sur le nourrissement
2. La Thermorégulation
Une grappe très étalée est plus sensible aux variations brutales de température et aux hivers rigoureux.
L’isolation, c’est le facteur clé. Le couvre-cadre doit être parfaitement isolé pour préserver la chaleur au cœur du couvain et réduire la dépense énergétique des abeilles. L’utilisation de matériaux réfléchissants (voir l’article « Les partitions et isolants réfléchissants ») s’avère bénéfique pour la colonie, aussi bien en période de grand froid que lors d’épisodes de forte chaleur.