Aux Ruchers de Cocagne, nous utilisons les nuclei Kielers (parfois appelés Kirchainer) pour la production de reines. Depuis le début de notre activité, nous avons testé d’autres modèles, comme les MiniPlus ou les Apidea, mais le modèle Kieler s’est avéré le plus adapté à notre organisation.
Nous apprécions particulièrement sa modularité, sa légèreté, ainsi que son autonomie relative dans la gestion des réserves : avec l’utilisation de nourrisseurs râteliers, il permet une autonomie pouvant atteindre jusqu’à cinq semaines.
Composition d’un Kieler
Un nucleus Kieler est composé :
- D’un corps et d’un toit en polystyrène.
- D’un fond en plastique à glissière.
- D’un nourrisseur. Les nuclei Kieler sont classiquement équipés de nourrisseurs en polystyrène.
Il y a 2 ouverture sur le nucleus : l’une en façade et l’autre dans le fond.
Les améliorations et innovations que nous avons apportées
Pour optimiser l’utilisation, les taux de réussite des fécondations, mais également l’hivernage, nous avons apporté plusieurs innovations aux nuclei Kieler d’origine :
Isolation des cadres :
Utilisation d’isolants réfléchissants (développés par Marc Guillemain) pour améliorer la thermorégulation de la colonie, été comme hiver.
Et pour réintroduire rapidement une cellule royale sans avoir à ouvrir la couverture, découpons la couverture au centre avec un emporte-pièce .
Nourrisseurs améliorés :
Les nourrisseurs en polystyrène présentaient plusieurs défauts :
Nous avons donc conçu notre propre moule pour fabriquer des nourrisseurs râteliers, bien plus performants.
Cadres optimisés :
Modification des cadres pour :
- Une manipulation plus rapide et plus sûre (les cires n’adhèrent plus aux parois et ne se cassent plus).
- L’ajout d’encoches pour faciliter l’introduction des cellules royales.
Haussette en polystyrène :
Ajout d’une haussette en polystyrène, particulièrement utile pour :
- L’hivernage des colonies.
- Leur développement en fin d’hiver.
Les haussettes nous servent également de réserve à candi pendant l’hivernage.
Comment peupler un nucleus Kieler ?
Au printemps, il y a deux façons possibles pour démarrer les nuclei de fécondation :
1. La mise en route par paquets d’abeilles
Cette méthode était celle que nous utilisions à nos débuts. La période idéale pour sa mise en œuvre s’étend de mi-avril (colza) à mi-mai (acacia).
Prélèvement des paquets d’abeilles
- Technique : Les abeilles sont prélevées par tapotement sur des ruches 10 cadres.
- Dosage : Environ 500 g d’abeilles (soit l’équivalent d’un pot de miel d’1 kg rempli aux 3/4).
Introduction de la reine
- Une reine vierge est introduite immédiatement après le remplissage du nucleus.
Période de claustration
- Pour éviter la désertion, les Kielers sont maintenus fermés dans une pièce sombre et fraîche pendant 3 jours et 3 nuits.
2. L’hivernage et la division de micro-colonies
Depuis 2010, nous privilégions l’hivernage de nos Kielers pour gagner en autonomie. Au printemps, nous divisons simplement les cadrons pour créer de nouveaux essaims.
Réussir l’hivernage des micro-colonies
1. L’hivernage en nuclei Kieler avec haussettes
Hiverner de très petites colonies est un défi. Voici nos clés de réussite :
Taux de réussite en sortie d’hivernage
Le taux de réussite en sortie d’hivernage se situe entre 60 % et 65 %, ce qui est assez faible. Cependant, une colonie ayant bien traversé l’hiver peut occuper 5 à 6 haussettes dès début avril, ce qui permet de créer une dizaine de nouveaux nuclei.
Chaque année, nous hivernons plus d’une centaine de ruches de type Kieler. Grâce à une marge de sécurité importante, une cinquantaine de ces colonies suffisent à produire jusqu’à 600 nuclei. Cette approche garantit que nous disposons toujours de plus de colonies que nécessaire pour répondre à la demande.
2. L’hivernage en éléments Kplus
Nous avons créé un nouveau type de ruche pour hiverner nos cadrons Kielers sur des élements modulables. Nous nous sommes largement inspiré des éléments créés par Laurent Dugué pour hiverner sur cadrons d’Apidea. Nous les avons dénommés Kplus (en référence au look des ruches Kenyanes).
Conduite des Kplus
- Préparation en saison : Les Kplus sont remplis progressivement au fil de la saison. Lors de la récolte des reines, les nuclei, souvent très vigoureux, nécessitent parfois le retrait d’1 ou 2 cadrons pour éviter une surpopulation avant la rotation suivante.
- Hivernage :
- Les colonies hivernent sur 2 éléments, voire 3 pour les plus fortes.
- Traitement : Applications d’acide oxalique par dégouttement et/ou lanière glycérinée.
- Développement printanier : Les colonies se développent sur 5 à 6 éléments au printemps.
- Production de nuclei : Une seule colonie permet de remplir une vingtaine de nuclei.
- Taux de réussite : Actuellement entre 20 % et 30 %, un résultat qui pourrait être amélioré avec un suivi plus rigoureux (gestion sanitaire, alimentation, etc.).
Avantages et inconvénients
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Avantages |
Inconvénients |
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Autonomie : Peu de suivi nécessaire, gain de temps. |
Gestion des cadrons : Nécessité de conserver des cadrons déjà étirés. |
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Dynamisme : Colonies très actives, avec une longévité apparente des abeilles accrue. |
Risque de couvain mâle : Les amorces placées en haut des éléments sont souvent transformées en couvain de mâles. |
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Production de miel : En été, l’ajout d’une grille à reine et d’une hausse permet à certaines colonies de produire du miel. |
Où trouver des Kielers pour la fécondation de vos reines ?
Sur notre boutique Altigoo, nous proposons le matériel que nous utilisons pour notre activité d’apiculteurs-éleveurs. Vous trouverez selon les disponibilités de stock :