Production de reines fécondées : l’utilisation des Nuclei de Fécondation

Reine fécondée sur un cadre de cire, entourée de ses abeilles.

La production de reines fécondées est le pilier de notre exploitation apicole. En plus de 20 ans d’activité, nous avons affiner nos méthodes d’élevage. Après avoir testé de nombreux formats (Kieler, MiniPlus, MaxiPlus, Apidea), nous avons opté pour le format Kieler. Cet article présente notre organisation pour la multiplication des reines autour du nucleus Kieler. Nous revenons également sur les enseignements tirés de notre période MiniPlus.

La production de reines fécondées en Kieler.

Nous avons besoin de 800 à 900 nuclei chaque saison pour assurer la fécondation de nos reines Buckfast et de nos reines à Gelée Royale. Une centaine de nuclei est également réservée aux reines destinées à l’insémination artificielle.

Le Kieler s’est imposé comme le compromis idéal entre performance biologique et facilités de manipulation :

  • Format optimal : Suffisamment fort pour hiverner, mais assez léger pour être transporté facilement vers des stations de fécondation isolées.
  • Autonomie : Il peut tenir 4 à 5 semaines sans surveillance, ce qui sécurise le flux de production.
  • Observation facilitée : Il permet un contrôle rapide de la ponte sans avoir à manipuler des cadres lourds.

La mise en route des nuclei

Nous peuplons nos nuclei de plus en plus tôt. Ces dernières années, nous parvenons à lancer au moins les deux tiers de nos Kielers dès le début du mois d’avril, avant la période de production d’essaims. Nous commençons les greffages aux alentours de la mi-mars, et les premières cellules royales sont destinées aux nuclei. Cela représente un avantage organisationnel majeur : l’activité de mise en route des Kielers ne chevauche pas celle de la production d’essaims.
Les premières reines commencent à pondre vers la mi-avril.

La mise en route des Kieler s’effectue par division des nuclei hivernés ou des Kplus hivernés. Avec un nuc dont la colonie s’est développée sur 5 à 6 haussettes, nous peuplons une dizaine de nouveaux nucs. Avec un Kplus dont la colonie s’est développée sur 5 à 6 éléments, nous en peuplons le double.
Nous plaçons un nourrisseur-râtelier rempli de candi dans le nouveau nuc, ce qui représente au moins 1 kg de réserves et assure un minimum de 5 semaines d’autonomie à la jeune colonie.

Lire l’article « Les Nuclei de Fécondation Kieler : Peuplement et Conduite »

film en 4 image montrant la mise en route des Kielers en début de saison pour la production de reines fécondées.
Déroulé le la mise en route des nuclei Kieler en début de saison, à partir de micro-colonies hivernées.

Les ruchers de fécondation

Nous disposons de 9 ruchers à nucléi :

  • 6 ruchers d’environ 150 nucs chacun, dédiés à la fécondation de nos reines Buckfast destinées à la vente,
  • 1 rucher d’une centaine de Kielers, situé à proximité de la miellerie, pour répondre aux besoins de renouvellement des reines de l’exploitation,
  • 1 rucher d’une centaine de places, réservé aux besoins de l’insémination artificielle,
  • 1 rucher d’une cinquantaine de nucs, situé à proximité des ruches à gelée royale, pour la fécondation des reines destinée à cette production.

L’environnement de fécondation : une zone saturée par les mâles issus de notre génétique

Les ruchers de nucléi destinés aux reines vouées à la production de miel sont implantés au cœur de notre zone de fécondation, d’un diamètre d’environ 10 km. Cette zone est saturée avec des mâles issus de notre propre génétique.

Plus d’info sur notre zone de fécondation

Le cycle de production la production de reine en Kieler

Pour optimiser la saison, nous réalisons entre 5 et 6 rotations par an. Le taux de réussite (reines récoltées par rapport aux cellules royales introduites) atteint environ 80 %. En règle générale, c’est à partir de la 3ᵉ rotation que les taux de capture sont les plus élevés, sauf en cas d’aléas climatiques majeurs.

Un cycle se déroule en trois étapes clés :

1. Introduction de la cellule royale

Le cycle commence par l’introduction d’une cellule royale de 11 jours. À ce stade, la cellule est robuste, supporte bien le transport et bénéficie d’une excellente acceptation par la micro-colonie.

2. Récolte des reines

Jeune reine fécondée sur un cadron de nuclei Kieler.
Production de reines fécondées : récolte de la reine en début de ponte.

La récolte intervient environ 3 à 4 semaines après l’introduction des cellules royales. Nous contrôlons alors la qualité de la ponte ainsi que l’aspect visuel de la reine. Lors de l’ouverture des nucs, nous en profitons pour rééquilibrer la force des micro-colonies. Très généralement, il est nécessaire de retirer au moins un cadre de couvain afin d’éviter un surpeuplement lors de la rotation suivante. Nous complétons également nos Kplus en prévision de l’hivernage des cadrons.

Les récoltes sont effectuées le lundi matin, ce qui nous permet d’expédier les reines dès l’après-midi. Elles parviennent normalement le lendemain chez l’apiculteur.

3. Réintroduction d’une nouvelle cellule royale le lendemain.

Le mardi matin, c’est à dire le lendemain de la récolte, nous introduisons une nouvelle cellule royale de 11 jours est introduite. Cette méthode permet de conserver la dynamique de la colonie et de produire plusieurs reines par saison avec le même stock d’abeilles initial.


Vidéo sur la production de reines fécondées en Kielers


La production de reines fécondées en MiniPlus.

L’élevage des reines en MiniPlus

Mise en route des MiniPlus au printemps :

Les MiniPlus étaient lancés dès le mois d’avril, pendant la floraison des colzas. Leur peuplement s’effectuait soit par paquets d’abeilles prélevés sur nos ruches, soit par division des cadres ayant hiverné en MiniPlus ou MaxiPlus.

L’hivernage des mini-plus

Nous hivernions les colonies sur 1 ou plusieurs éléments. Avec le recul, les meilleurs résultats étaient obtenus avec des hivernages sur un seul élément, à condition de surveiller rigoureusement le niveau des réserves. Un nourrissement toutes les 4 à 6 semaines était nécessaire, avec du sirop tiède ou du candi, pour garantir des provisions à proximité de la grappe.

Pourquoi ne plus utiliser les MiniPlus sur l’exploitation ?

En 2012, nous avons vendu nos MiniPlus et converti les MaxiPlus de bâtisse chaude (12 cadres) en bâtisse froide (6 cadres de hausse). Deux raisons principales ont motivé cet abandon :

  • Gestion complexe : Nous devions gérer un trop grand nombre de formats différents (ruches 10 cadres, ruchettes 6 cadres, MaxiPlus, MiniPlus et Kielers).
  • Difficulté de manipulation : Les cadres des MiniPlus étaient moins pratiques à manipuler. Nous sommes désormais plus à l’aise avec les cadres de hausse.

Pour aller plus loin

Retrouvez la manipulation des MiniPlus pour l’élevage des reines en vidéo.

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