Dans nos conditions spécifiques liées à notre activité d’élevage (rotation très rapide des cadres due à la production d’essaims et environ 80% de reines de moins d’un an), nous sommes moins exposés que des apiculteurs producteurs de miel. Voici un point succinct par rapports aux principales maladies.
Les loques :
La loque américaine
les cas de symptômes de loque américaine ont toujours été rares. Ils n’ont jamais excédés 1 à 2 %. Ils apparaissaient généralement en sortie d’hiver sur des colonies affaiblies l’année précédente – cas d’intoxications de ruchers (supposée ou avérée !) -. On pouvait également les observer sur les ruches qui avaient produit beaucoup la saison d’avant.
Nous passions systématiquement à la flamme, toutes les caisses vides et disponibles en début de saison. Dans notre cas, environ un millier tous les ans. Les ruches et ruchettes qui en avaient besoin passaient ensuite dans un bain d’huile de lin chauffée.
Nous savons que la prévalence est très élevée dans le sud-ouest de la France. Une étude de l’INRA de Montpellier conduite dans les années 2010 montre qu’il y a des spores de Paenibacillus larvae (sans expression de la maladie) dans 100% des ruchers, et plus de 80% des ruches. Malgré l’absence de symptôme, nous sommes donc persuadés qu’il y a des spores de loque américaine dans nos colonies.
Depuis le début des années 2020, nous n’observons quasiment plus de symptômes de loque américaine : entre 3 à 6 cas maxi sur 1 750 colonies, soit entre 2‰ et 3‰. Nous ne savons pas à quoi est du cette chute de colonies malades, d’autant plus que nous ne prenons plus la peine de passer les ruches vides au chalumeau. Évolution de la génétique ? Effet polyandrie ? Ou est-ce que l’aggravation de la pression des virus liés aux varroas (vorroase) élimine plus précocement les colonies qui auraient du devenir moqueuse ???
La loque européenne
Dans le début des années 2010, nous observions plus fréquemment des cas de loque européenne jusqu’à 4 ou 5 % -. Ils apparaissaient généralement entre la floraison de l’acacia et celle des châtaigniers. Nous retirions uniquement les cadres avec du couvain malade, le dans la mesure du possible nous apportions un complément protéiné. La maladie disparaissait dans le courant de l’été avec la floraison des tournesol.
Nous n’observons plus du tout de cas de loque européenne sur l’exploitation depuis déjà de nombreuses années. Nous présumons que c’est l’évolution de notre génétique qui a réglé le problème !?
La maladie noire
Nous observions des symptômes de “maladie noire des abeilles” sur nos ruchers, en fin d’été. Certaines colonies étaient très touchées, avec un amas d’abeilles important devant la planche de vol. Pourtant les rendements en miel étaient bons.
Comme pour la loque européenne, plus aucune colonie ne développe de symptômes depuis plus d’une dizaine d’années. Nous pensons qu’il y avait une relation étroite avec les pedigrees et que notre génétique actuelle n’est plus du tout sensible.
Nosema Cerana et Couvain plâtré
Nous sommes très peu exposés à ces 2 pathogènes. Nous observons parfois des mycoses sur de petites colonies en sortie d’hiver, mais les symptômes disparaissent rapidement avec la floraison du colza. Si d’aventure la situation ne se rétablit pas suffisamment rapidement, nous changeons la reine.