Protection des abeilles : retour sur l’interdiction historique des néonicotinoïdes par l’UE

trois pesticides neonicotinoides interdits dans l'Union européenne

Le combat pour la santé de nos colonies a marqué un point décisif le 29 avril 2013. Ce jour-là, la Commission européenne a pris une décision sans précédent : suspendre l’utilisation de trois insecticides majeurs, de la famille des néonicotinoïdes, accusés de décimer les populations d’abeilles domestiques (Apis mellifera). Retour sur un tournant législatif et écologique pour le monde apicole.

Trois molécules néonicotinoides « tueuses d’abeilles » sous les verrous

Après un vote serré au sein du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, quinze États membres de l’Union européenne ont validé la proposition de Bruxelles. Cette mesure visait à interdire, pour une période initiale de deux ans, l’usage de trois substances de la famille des néonicotinoïdes :

  • L’imidaclopride
  • La clothianidine
  • Le thiaméthoxame (notamment présent dans le Cruiser)

Ces insecticides, parmi les plus utilisés au monde, ont été bannis sur quatre cultures majeures particulièrement attractives pour les butineuses : le maïs, le colza, le tournesol et le coton.

Un déclin des pollinisateurs scientifiquement prouvé

Depuis plus de dix ans, ces molécules étaient suspectées par les apiculteurs et les chercheurs d’être un facteur clé de l’effondrement des colonies. Contrairement aux insecticides classiques, les néonicotinoïdes sont systémiques : ils imprègnent toute la plante, rendant le pollen et le nectar toxiques pour les abeilles domestiques, mais aussi pour les pollinisateurs sauvages (bourdons, papillons, abeilles solitaires).

La décision de la Commission s’est appuyée sur un rapport d’expertise de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), identifiant clairement des risques majeurs pour la santé des insectes pollinisateurs.

Un bras de fer politique et économique

Le vote a révélé des fractures profondes au sein de l’Union. Si la France et l’Allemagne ont soutenu fermement la suspension, le Royaume-Uni s’y est activement opposé, défendant les intérêts des firmes phytosanitaires comme Syngenta.

Pourtant, au-delà de la biodiversité, l’enjeu est aussi financier. Comme le rappelait Tonio Borg, alors commissaire européen à la santé :

“Nos abeilles sont vitales pour notre écosystème et contribuent chaque année à hauteur de 22 milliards d’euros à l’agriculture européenne.”

Néonicotinoïdes : rentables pour les industriels, par pour les apiculteurs.
Impact ds néonicotinoïdes sur les profits des industriels, mais hémoragie chez les abeilles.

Ce que cela change pour les apiculteurs

Ce rappel historique souligne l’importance de la vigilance réglementaire. Si cette suspension a ouvert la voie à des interdictions plus strictes par la suite, la protection de nos ruchers reste un combat quotidien face aux pratiques agricoles intensives.

Source originale : Stéphane Foucart, Le Monde (avril 2013).

Lire l’article « Les néonicotinoïdes sous la loupe de l’EFSA : Chronique d’une interdiction vitale pour l’apiculture »

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *