Notre programme de sélection est basé sur l’approche généalogique. Les reproducteurs ne sont pas notés sur leurs propres comportements, mais sur celui de leurs descendants. Autrement dit, les meilleures reines ne sont pas nécessairement les plus belles, mais celles qui donnent les meilleures filles.
Les bases de notre schéma de sélection
La mise en place d’un programme de sélection généalogique représente une gestion lourde, qui repose avant tout sur 2 éléments clés, la traçabilité des reines et le testage du plus grand nombre de colonies possible.
Les différents programmes conduits sur l’exploitation
Nous conduisons 3 programmes,
A quoi ressemble notre programme de sélection pour la production de miel ?
Le piège fréquent lors qu’on veut se lancer dans une démarche de sélection, c’est de vouloir tout noter. A trop vouloir en faire, on ne fait souvent rien de bien. Les notations sont chronophages, et la saison apicole ne laisse pas beaucoup de temps pour des extras.
En ce qui nous concerne, nous avons limiter nos notations aux éléments suivants :
Le point faible de notre programme : nous ne sommes pas en capacité d’intégrer une observation sur la varroase. Il nous faut un test simple pour appréhender la charge virale de chacune des colonies en testage. Les analyses PCR sont trop chères pour l’instant. On recherche un test prédictif qui soit un tant soit peu corrélé avec les charges virales.
Le réseau de testage :
Jusqu’en 2025, nous suivions 400 colonies en testage, en ruches et en divisibles. Dans le groupe ‘Ocapi’, nos collègues en suivaient 100 à 200 chacun.
A partir de 2026, nous équipons l’intégralité de nos ruches avec des QrCodes, dont l’objectif de suivre la quasi totalité de notre cheptel. Augmenter la quantité de données analysées doit nous permettre d’accroître notre pression de sélection et d’accélérer le progrès génétique.
L’analyse des données et le calcul des AGC :
Pour répondre aux contraintes de l’activité et à la petite taille de notre réseau de testage, nous travaillons de la façon suivante :
Le programme de sélection pour la production de gelée royale
Au début de son activité de production de gelée royale, Fabienne s’est appuyée sur la génétique transmise par des adhérents du GPGR. Par la suite, elle a régulièrement acheté des géniteurs auprès de la famille LEG. Depuis une dizaine d’années, nous avons mis en place un plan de sélection généalogique basé sur l’amélioration de deux critères simples :
Avantages de la sélection pour la gelée royale
La sélection génétique est plus simple pour la production de gelée royale que pour celle de miel. En effet, il s’agit d’une sécrétion endogène dans le premier cas, contre une collecte externe dans le second.
Un point clé : à chaque levée, les cellules sont comptées et les lattes sont pesées, ce qui permet d’analyser un volume important de données.
Résultats concrets
L’amélioration génétique est perceptible, toutes choses égales par ailleurs. Si le taux d’acceptation s’améliore progressivement, c’est surtout le remplissage des cellules qui montre les progrès les plus tangibles.
Et plusieurs apiculteurs voisins, producteurs de gelée royale, nous achètent des reines chaque année pour renouveler leur cheptel. Bien qu’ils ne pèsent pas systématiquement les lattes à chaque levée, ils constatent une augmentation régulière de leurs rendements d’une année sur l’autre.
L’insémination au cœur du programme de sélection
L’insémination artificielle est l’outil le plus efficace pour réaliser des croisements en sélectionnant précisément les mâles. Chaque année, nous inséminons encore entre 150 et 200 reines.
Pour en savoir plus sur le mode opératoire et la gestion de la production de reines inséminées, vous trouverez des informations détaillées dans les articles suivants :
Notre nomenclature pour la classification des reines inséminées.
Par consanguinité, nous cherchons à fixer les caractères des lignées élites. Ensuite nous croisons chacune d’elles avec plusieurs lignées connues (testeurs) pour estimer l’Aptitude Générale à la Combinaison. Pour suivre les générations, il est convenu d’utiliser la nomenclature suivante :
- F0 pour les reines inséminées,
- F1 pour leurs filles,
- F2 pour les petites-filles (généralement issues de remerrages).
A notre sens cette classification n’est pas pertinente pour au moins pour 2 remarques :
- Une F0 naît tout d’abord F1/liste
- Une reine F2 peut être une excellente reine si elle a été fécondée dans un zone saturée par des mâles génétiquement intéressants.
Nous privilégions une classification basée sur le taux de consanguinité, qui permet d’évaluer la valeur attendue en termes de dynamisme des colonies. Dans notre schéma de sélection, nous distinguons trois générations de reines :
- Les reines de prébase : ce sont des lignées en cours de fixation, notamment par croisements consanguins,
- Les reines de base : obtenues par le croisement instrumental de 2 reines de prébase complémentaires,
- Les reines de production : reines issues des reines de base, et fécondées naturellement en nuclei.